mardi 17 octobre 2017

Wonderwoman à mes heures perdues

Bon cher lecteur, c'est promis je vais t'écrire plus souvent parce-que là c'est vraiment pas assez...
J'ai plein d'articles dans les tiroirs mais j'aime être assez sure de moi (ce qui n'arrive pas souvent) pour poster un article histoire de pas trop regretter après, tu comprends ? 

Aller, aujourd'hui on s'attaque à la morosité ambiante et puis on digressera jusqu'à la médiatisation dont j'ai fait l'objet. C'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit !


Relativiser est une bonne chose mais elle ne doit pas nous astreindre à subir par fatalité.
J'écris cela car il me semble que beaucoup de monde semble déterminé à dire "si plus de gens te connaissaient, ils se plaindraient moins".

Bien sur, il y a pire que soit. Bien sur, j'aurai pu mourir de cette méningite rare.
Ce n'est pas parce-qu'on vit quelque chose de moins dure que les autres qu'il faut se taire, encaisser et accepter n'importe quoi.

Il semble qu'à l'heure actuelle l'ambiance morose soit à la mode et que la déprime gagne beaucoup de terrain. Ce n'est pas un fait anecdotique.
ATTENDEZ JUSTE UN PETIT RAPPEL:
Nous sommes dans un pays riche, l'un des plus riche au monde. Nous sommes dans un pays où il existe le plus d'associations au monde. Qui dit association, dit personnes qui se rencontrent, débattent, et travaillent ensembles.
Nous sommes un pays où la culture a été reconnue par les institutions comme nécessaire.
Nous sommes aussi un pays qui lorgne vers d'autres, où les inégalités sont beaucoup plus importantes. NOUS SOMMES UN PAYS AVEC UNE SÉCURITÉ SOCIALE (alléluia sinon je ne serais plus là).
Nous sommes un pays qui se heurte à la tentation de la "simplification" et où les espaces publics sont envahis de contrôles, de barrières, où l'on encourage chacun à regagner vite sa maison. Nous sommes un pays qui prend des chemins de réforme qui me laissent septique notamment dans les domaines de la santé et du travail. 

Si nous prenions le temps de discuter, nous verrions que nous n'avons pas tant besoin d'avoir peur, de conserver notre propre terrain loin du monde tumultueux de la dérégulation et de la compétition inéquitable.
Nous sommes des humains nous sommes interdépendants, nous devrions retrouver le sens du "commun" car l'individualité n'est pas source d'équilibre, elle est source de jalousie.


S'il y a quelque chose que je constate, c'est que malheureusement les interlocuteurs et les recours que nous avons pour défendre les droits des personnes ayant un handicap passent par :

-soit des recours très longs type administration, ce qui est souvent violent (les étiquettes généralistes utilisées pour bien faire et vite sont très difficiles à encaisser) et décourageant.

-soit médiatique, on a reproché à Philippe Croizon de faire "commerce" de son handicap via les médias, mais si l'on en arrive là pour mettre les handicaps sur la table du débat publique, n'y-a-t-il pas un problème ? N'est-ce pas révélateur d'un recours presque "désespéré" pour faire enfin réagir ?



SOYONS HONNÊTES:
Pourquoi suis-je l'objet de d'articles de presse ? Parce-que je n'ai pas rencontré beaucoup/assez de barrières pour me décourager.
J'ai eu une enfance protégée et privilégiée qui m'a construite. J'ai appris à m'exprimer depuis le plus jeune âge, que ça soit en peignant, en faisant du théâtre, du sport...
Mais le plus précieux que mes parents m'aient donné c'est l'empathie, la capacité à prendre du recul à ne pas m'emporter vite. (Bon d'accord en ce moment un peu moins)

Alors non, je ne cautionne pas les articles qui font de moi une "starlette", mon but lorsque je réponds à un journaliste n'est pas de me passer de la pommade.
Certains articles sont écrits dans une logique/vision "dominante valide" et du coup, pour les "handis" ce n'est pas très motivant, car ces articles m'éloignent d'eux, je prends alors l'étiquette de "handi d'exception". Ce n'est pas mon but. 
Mais si quelques personnes "valides" lisent cet article et que cela peut contribuer à changer le regard sur les gens ayant un handicap, alors c'est déjà une petite victoire !

Et toi cher lecteur, ta victoire, c'est quoi ? 

A bientôt...

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