samedi 18 octobre 2014

La "débrouillarde"


Aujourd'hui mon père a dit aux nouveaux voisins inquiets de ne pas me voir rentrer, que j'étais « débrouillarde ». Un mot qui me qualifie de la plus belle manière qui soit. 
« Débrouillarde » pour une fille qui est considérée comme invalide à 80% de ses possibilités par la société, c'est assez chouette. Ce lundi mon père m'a fait un beau cadeau, il m'a fait confiance. Il m'a décrite telle que je pense (et aimerais) être.

C'est une grande chance que d'être entourée par des gens qui voient ce que vous êtes et non pas ce que l'étiquette handicap a collé sur votre front. Je crois que si vous demandez à des gens qui me connaissent de me décrire, ils ne vous diront pas en premier lieu que suis « handicapée », et c'est une chose dont je suis très heureuse.

J'ai dû récemment passer un mois en fauteuil roulant.
Une de mes envies lorsque je sors en fauteuil dans un bar, c'est qu'il soit inscrit sur les roues : je suis étudiante, j'aime la cannelle, je suis sportive, j'adore la musique électronique, ou encore j'aime écrire...
Je suis persuadée que vouloir balayer les préjugés, c'est le rêve de beaucoup de personnes qui n'ont pas de handicap. Tous les préconçus nuisent à ce que les gens se rencontrent vraiment.
J'ai la chance d'avoir un handicap physique que les gens ne remarquent pas forcément tout de suite (lorsque je ne suis pas en fauteuil). C'est un avantage et un inconvénient. Mais je pense surtout que c'est un avantage.

Souvent, j'ai entendu dire que les personnes ayant un handicap physique étaient les « ambassadeurs du handicap ». C'est vrai, mais c'est bien dommage.
J'aimerais que tous les gens ayant des taches de naissance soient les ambassadeurs des gens de couleur.
Que tous les danseurs de hip-hop soient des ambassadeurs des gens des quartiers.
Que tous les enfants soient des ambassadeurs des personnes atteintes d'Alzheimer.
Que toutes les hommes soient des ambassadeurs des femmes.

Que tous les …




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